La sclérose en plaques (SEP) est une affection chronique et invalidante qui s'attaque au système nerveux central (SNC). Ce système comprend le cerveau et la moelle épinière, en plus des nerfs qui déterminent toutes les activités du corps, comme la pensée, les sensations, la vue, l'odorat, le goût et le mouvement. La sclérose en plaques touche environ 1 personne sur 400 et elle atteint généralement les personnes âgées de 20 ans et 49 ans, même si elle peut survenir à tout âge.
Les nerfs sont recouverts d'une couche protectrice appelée gaine de myéline. Cette gaine permet la transmission rapide des signaux électriques dans le cerveau. Les chercheurs croient que, chez les personnes atteintes de sclérose en plaques, il y a une inflammation de la gaine de myéline qui présente alors des lésions sous forme de petites plaques; on ignore quelle chaîne d'événements amorce cette dégradation. Une fois la lésion apparue, la transmission des signaux électriques dans le cerveau ralentit.
La sclérose en plaques est une affection auto-immune (le système immunitaire commence à réagir contre ses propres tissus) et elle ne peut donc pas être transmise d'une personne à une autre. Pour des raisons inconnues, le système immunitaire considère la gaine de myéline comme un corps étranger et s'y attaque.
Il y a 3 formes de sclérose en plaques :
La sclérose en plaques rémittente (ou cyclique), la forme la plus courante de SEP, touche 85 % à 90 % des personnes atteintes dès son apparition. Cette forme de SEP est caractérisée par des poussées, où les symptômes s'aggravent pendant des semaines ou des mois, suivies de rémissions où les symptômes régressent complètement ou partiellement.
La sclérose en plaques progressive primaire touche environ 10 % à 15 % des personnes atteintes de cette maladie; elle se caractérise par une aggravation lente, mais pratiquement continue, à partir du moment de son apparition.
La sclérose en plaques progressive secondaire se manifeste par une période initiale de poussées et de rémissions, qui est suivie d'une aggravation constante et de périodes de rémission mineures. Environ 65 % des personnes atteintes de la forme de sclérose en plaques rémittente (ou cyclique) auront cette forme de SEP moins de 15 à 20 ans après l'apparition de l'affection.
La cause de la sclérose en plaques demeure encore inconnue. Néanmoins, la plupart des travaux de recherche donnent à penser qu'une réaction anormale du système immunitaire est responsable des dommages infligés à la gaine de myéline.
En temps normal, le système immunitaire protège l'organisme et le défend contre les substances étrangères. Par contre, dans le cas d'une affection auto-immune, l'organisme attaque ses propres tissus. La cause exacte de ce comportement du système immunitaire n'a pas été élucidée, mais le rôle de certains facteurs a été mis en évidence. Parmi ces facteurs, on retrouve :
La sclérose en plaques évolue de façon imprévisible et touche chaque personne différemment. Les symptômes qui se manifestent pendant une crise peuvent varier en nature et en intensité.
Les symptômes, qui dépendent de la zone endommagée, sont généralement les suivants :
Le fait d'avoir un ou plusieurs de ces symptômes ne signifie pas nécessairement que vous avez la sclérose en plaques, mais il est conseillé de consulter un médecin si vous pensez que vos symptômes pourraient être reliés à cette affection.
Si votre médecin soupçonne la présence d'une sclérose en plaques, il vous enverra consulter un neurologue qui vous fera passer divers examens. Les examens neurologiques permettent de vérifier les réflexes, les mouvements oculaires, la force des membres, les sensations et la coordination. Les antécédents médicaux et familiaux sont également importants.
Les examens complémentaires ci-après peuvent être réalisés :
Pour confirmer un diagnostic de sclérose en plaques, la personne doit présenter des signes de cette maladie dans diverses parties de son système nerveux et avoir subi au moins deux poussées distinctes. Toutefois, si une personne n'a connu qu'une seule poussée caractérisée par des symptômes qui peuvent être ceux de la SEP, une IRM peut être pratiquée pour évaluer le risque d'une évolution de la SEP. Le traitement précoce d'une première poussée isolée peut prévenir ou du moins retarder les poussées subséquentes.
Étant donné que la sclérose en plaques ne se guérit pas, le but principal du traitement est de réduire le nombre de poussées, et d'en diminuer la gravité, le cas échéant. Pour ce faire, des médicaments peuvent être employés sous forme d'injection, notamment des doses massives de stéroïdes par voie intraveineuse (mais aussi par la bouche).
On utilise les traitements de fond, comme l’interféron bêta-1a, l’interféron bêta-1b, le peginterféron beta 1a, l’alemtuzumab, le daclizumab, le tériflunomide, le fingolimod, le glatiramère, fumarate de diméthyle, ofatumumab, ocrelizumab, cladribine, siponimod et le natalizumab pour réduire l'activité et la progression de l'affection.
Divers autres traitements et changements dans le mode de vie peuvent aider à atténuer les symptômes tels que les troubles de la vessie ou des intestins, la fatigue, la douleur, la dépression, l'anxiété et le stress, des spasmes musculaires, des troubles sexuels, des problèmes de vue, de la difficulté à marcher; par contre, ces interventions n'ont aucun effet sur la maladie elle-même. Les programmes de réadaptation, faisant appel à l'ergothérapie et à la physiothérapie, font partie des mesures essentielles pour aider les personnes atteintes de SEP.
Voici d'autres mesures permettant de réduire l'importance des symptômes :
À l'heure actuelle, les chercheurs se concentrent sur la mise au point de médicaments visant à contrer les anticorps immuns spécifiques qui s'attaquent à la myéline, de facteurs de croissance qui aideraient à restaurer la myéline entre les poussées, et de techniques expérimentales telles que la greffe de moelle osseuse et certaines interventions chirurgicales.
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